L’activité physique réduit de moitié le risque de mort subite d’origine cardiaque chez les hommes dont la condition physique n’est pas très bonne. Tels sont les résultats d’une grosse étude finlandaise sur les facteurs de risque prédictifs d’accidents cardiovasculaires dans la population générale.
L'activité physique réduit de moitié le risque de mort subite.
En France, on estime que 50 000 personnes décèdent chaque année de
mort subite d’origine cardiaque, même si cette cause figure rarement sur le certificat de décès. Dans au moins la moitié des cas, la victime ne présentait pas d’antécédent cardiovasculaire.La mort subite d’origine cardiaque représente la moitié des décès d’origine coronarienne. Cet accident fatal survient très souvent sans signes annonciateurs ou, le cas échéant, dans l’heure qui suit l’apparition des symptômes, laissant très peu de temps pour intervenir. La découverte de facteurs de risque permettant d’identifier les individus concernés représente donc un enjeu majeur de santé publique.Une étude sur plus de 2 600 hommesLes Drs Jari Laukkanen et Magnus Hagnas se sont intéressés à l’impact de l’activité physique combinée à la capacité respiratoire sur le risque de mort subite. Ils ont pour cela analysé les données de 2 656 hommes âgés de 42 à 60 ans inclus dans une vaste étude finlandaise (Kuopio Ischemic Heart Disease Risk Factor Study) sur les facteurs de risque prédictifs d’accidents cardiovasculaires dans la population générale.Un tiers des participants avaient une faible activité physique pendant leurs heures de loisirs, définie par une dépense énergétique inférieure à 191 kcal par jour, soit environ 35 minutes de marche lente ou 25 minutes de course à pieds pour un homme de 70 kg. Une même proportion d’hommes avait une faible capacité respiratoire, inférieure à 7,9 METs, (MET est une unité internationale correspondant à une certaine consommation d’oxygène). On l’évalue dans le cadre d’un test d’effort.Les chercheurs ont réparti les participants en quatre groupes :
- Groupe 1 : les hommes ayant une grande capacité respiratoire et un niveau d’activité physique élevé,
- Groupe 2 : ceux ayant une grande capacité respiratoire et un faible niveau d’activité physique,
- Groupe 3 : ceux ayant une faible capacité respiratoire et un niveau d’activité physique élevé,
- Groupe 4 : ceux ayant une faible capacité respiratoire et un faible niveau d’activité physique.
Un risque de mort subite 2 fois plus élevé en cas de faible capacité respiratoirePas moins de 193 morts subites ont été recensées au cours des 19 années de suivi. Le risque de subir un tel accident était deux fois plus élevé parmi les hommes du groupe 4 que chez ceux du groupe 1, rapportent les auteurs. “Ceci indique que la pratique intense d’une activité physique peut réduire le risque de mort subite chez les hommes ayant une faible capacité respiratoire“, analyse le Dr Laukkanen.A l’inverse, le niveau d’activité physique n’a eu aucun impact sur le risque de mort subite chez les hommes ayant déjà une bonne capacité respiratoire. Ce qui amène le Dr Laukkanen à conclure que “la capacité respiratoire est un facteur de risque de mort subite“ et que “la pratique intense d’une activité physique exerce un rôle protecteur à l’égard de ce risque chez les hommes dont la condition physique n’est pas très bonne, mais n’affecte pas le risque chez ceux qui ont à l’origine une bonne capacité respiratoire“.Longtemps négligée comme facteur de risque de mort subite, la capacité respiratoire apparaît donc comme un facteur majeur, que l’on peut améliorer par la pratique régulière d’une activité physique. Et les auteurs de conseiller aux médecins d’évaluer à l’aide d’un test physique la capacité respiratoire de leurs patients, afin d’identifier les personnes ayant un plus grand risque de mort subite, et de leur conseiller de se mettre au sport. Un conseil d’autant plus pertinent qu’une
récente étude présentée lors du dernier congrès américain d’oncologie montrait qu’avoir une bonne condition physique à la cinquantaine permettait de réduire le risque de cancer.Amélie Pelletier
Source
“Physical activity decreases sudden cardiac death risk in unfit men“. Congrès de la Société européenne de cardiologie, Amsterdam, 31 août-4 septembre 2013.